IA intégrée, hausse des licences, dépendance accrue aux écosystèmes et renforcement des exigences de sécurité, José Navas, Directeur des Systèmes d’information et Digital du groupe Trigo, partage son retour d’expérience et sa vision des nouveaux équilibres que doivent trouver les DSI.

1/ L’IA est désormais intégrée nativement dans les environnements Microsoft 365. Comment abordez-vous cette évolution chez Trigo : levier de valeur ou complexité supplémentaire à maîtriser ?

José Navas : « Nous avons abordé l’IA de manière progressive, en commençant par un test Copilot auprès d’une centaine de managers. L’objectif était de tester les usages réels avant toute généralisation. Les premiers retours sont très positifs, notamment sur l’intégration avec Teams : transcription automatique des réunions, génération de comptes rendus, synthèse des échanges et suivi des actions. Cela permet de gagner un temps précieux sur des tâches à faible valeur ajoutée.

Copilot apporte également de la valeur dans les outils bureautiques, notamment pour analyser ou synthétiser des documents existants. En revanche, nous restons prudents sur la génération automatique de contenus : l’IA est un assistant, pas une source de vérité. Nous avons donc accompagné ce déploiement par des actions de sensibilisation et intégré des recommandations spécifiques dans notre charte IT pour encadrer les usages et protéger les données sensibles.

Sur le plan des licences, nous conservons une approche très ciblée. Copilot Pro reste une licence distincte et relativement coûteuse. Nous la réservons donc aux collaborateurs qui en tirent un bénéfice réel, comme les managers ou certaines fonctions Support. À l’inverse, pour des profils plus techniques ou travaillant sur des documents standardisés, la version gratuite incluse dans l’environnement Microsoft peut suffire.

Cette évolution renforce la nécessité de piloter finement les usages. Demain, il sera essentiel de pouvoir mesurer précisément l’utilisation de ces licences pour s’assurer qu’elles créent réellement de la valeur. L’IA devient un nouveau périmètre de gouvernance pour les DSI. »

2/ Avec des suites toujours plus complètes et intégrées, la dépendance à l’écosystème Microsoft s’accentue. Est-ce un sujet de préoccupation pour vous ?

José Navas : « Oui, c’est clairement un sujet stratégique. Nous avons récemment renouvelé notre contrat Microsoft avec une augmentation des tarifs significative, et la capacité de négociation pour des sociétés de notre taille reste limitée.

Cette dépendance ne concerne pas uniquement les outils collaboratifs, mais aussi nos infrastructures, notamment l’infrastructure Azure. Cela pose une question plus large, qui dépasse Microsoft : celle de notre dépendance aux fournisseurs technologiques américains.

Nous avons étudié des alternatives, que ce soit pour les outils bureautiques ou les infrastructures. Mais la réalité est que les solutions disponibles aujourd’hui n’offrent pas toujours le même niveau de maturité, de compatibilité ou de performance. Les coûts de migration, les efforts de formation et les risques opérationnels doivent également être pris en compte.

La question n’est donc pas de sortir de cet écosystème à court terme, mais de conserver une capacité de pilotage et de garder une vision claire de nos dépendances. C’est un enjeu d’équilibre entre performance opérationnelle et maîtrise stratégique. »

3/ Vous utilisez Le Bureau des Licences depuis plusieurs années. En quoi cet outil reste-t-il pertinent aujourd’hui ?

José Navas : « Le Bureau des Licences reste un outil central dans notre pilotage quotidien. Mes équipes l’utilisent pour suivre les affectations, identifier les licences inutilisées et corriger rapidement les anomalies, par exemple lorsqu’un collaborateur quitte l’entreprise sans que sa licence soit désactivée.

Cette visibilité est essentielle dans un environnement de plus en plus complexe, avec des modèles de licences évolutifs et des coûts en hausse. Elle nous permet de conserver une maîtrise opérationnelle et financière de notre parc logiciel.

L’évolution vers des licences plus spécialisées, notamment autour de l’IA, renforce encore l’intérêt de ce type d’outil. La capacité à associer des licences à des profils utilisateurs et à suivre leur utilisation devient un levier clé pour optimiser les coûts et adapter les allocations en continu.

Plus globalement, cette console proposée par Mersy nous apporte une transparence indispensable pour piloter efficacement nos licences dans la durée. »

4/ Selon vous, quels sont aujourd’hui les principaux enjeux des DSI, au-delà de l’IA ?

José Navas : « La cybersécurité est devenue un enjeu majeur. Les attaques ont évolué : elles sont aujourd’hui plus ciblées, plus sophistiquées et souvent industrialisées. Le phishing, notamment, atteint un niveau de crédibilité très élevé grâce à l’IA.

Face à cette réalité, nous investissons à la fois dans des outils de protection avancés et dans la sensibilisation et formation des utilisateurs. La sécurité ne repose plus uniquement sur la technologie, mais aussi sur les comportements.

Parallèlement, la digitalisation des processus métier reste un levier essentiel de performance. L’IA ouvre de nouvelles perspectives, notamment pour améliorer les processus de développement informatique ou automatiser certaines tâches.

Le rôle du DSI évolue : il ne s’agit plus seulement de déployer des outils, mais de garantir un équilibre entre innovation, sécurité, maîtrise des coûts et indépendance technologique. La capacité à piloter ces différents enjeux devient une compétence clé. »

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